Objectifs irréalistes, pressions permanentes, communication à sens unique et manque de reconnaissance… Certaines pratiques relèvent du management toxique : elles impactent les conditions de travail, et parfois la santé des collaborateurs. Quels sont les signes d’alerte d’un management toxique ? Et une fois la situation identifiée, comment agir ? Explications du Cabinet PSO et de Serpil Alkassir, psychologue clinicienne.
Qu’est-ce qu’un management toxique ?
Définition d’un management toxique
Le management toxique désigne un ensemble de pratiques professionnelles qui affectent les conditions de travail, le bien-être ou la santé des collaborateurs. Il peut se manifester par des actions ouvertement hostiles de la part d’un supérieur hiérarchique, mais aussi par des comportements plus insidieux dont les effets s’installent progressivement. Ces pratiques peuvent concerner l’ensemble d’une équipe ou cibler un seul collaborateur.
Les comportements de management toxique peuvent constituer des facteurs de risques psychosociaux (RPS).
Il est important de rappeler que la qualification de management toxique est relativement récente dans le monde du travail. L’adjectif « toxique » apparaît pour la première fois dans le contexte professionnel en 1996 dans l’ouvrage « Toxic Leaders : When Organizations Go Bad » de la chercheuse Marcia Lynn Whicker. La libération de la parole dans le sillage du mouvement #MeToo (lancé en 2006 mais amplifié en 2017) a aussi permis de sensibiliser davantage les salariés aux pratiques dysfonctionnelles.
Management toxique ou harcèlement moral ?
Le management toxique et le harcèlement moral sont des notions souvent confondues, mais seul le harcèlement est défini dans la loi. Et, là encore, il s’ajout d’un ajout récent : le harcèlement moral est introduit dans la loi française pour la première fois en 2002, avec la loi de modernisation sociale. Les travaux de la psychiatre Marie-France Hirogoyen y ont notamment contribué (« Le harcèlement moral : la violence perverse au quotidien », 1998).
Article L1152-1 du Code du travail : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. »
Aussi, un management toxique n’est pas systématiquement synonyme de harcèlement. Mais la frontière est mince. Des pratiques managériales répétées et inadaptées, avec une dégradation significative de la santé d’un ou plusieurs salariés, peuvent être requalifiées juridiquement en harcèlement moral.
« Un management exigeant n’est pas nécessairement toxique, ajoute Serpil Alkassir, psychologue clinicienne pour le Cabinet PSO. Ce qui doit alerter, ce sont les comportements répétés qui fragilisent les personnes, détériorent les relations professionnelles et portent atteinte à leur dignité. »
Quels sont les signes d’un management toxique ?
Des objectifs irréalistes et/ou contradictoires
Certaines pratiques placent les salariés dans une position telle que ceux-ci peinent à répondre aux attentes de leur supérieur. Par exemple :
- Des consignes qui changent sans explication ;
- Des urgences permanentes ;
- Des objectifs difficiles ou impossibles à atteindre.
La pression peut aussi être accentuée par une charge de travail déséquilibrée et par un manque de moyens adaptés pour réaliser les objectifs.
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Une communication humiliante et à sens unique
Une communication à sens unique peut instaurer un climat dans lequel les collaborateurs ne se sentent pas libres de s’exprimer, et encore moins de signaler leurs difficultés. Parmi les autres signaux d’alerte : des propos dévalorisants, humiliants et culpabilisants envers les salariés, en privé ou en public.
Le manque d’autonomie et de reconnaissance
Le contrôle excessif et la surveillance permanente sont des signes possibles d’un management toxique. Les collaborateurs doivent se justifier constamment et ne peuvent pas accomplir leurs tâches de manière autonome, y compris lorsqu’ils maîtrisent parfaitement leurs missions. S’y ajoute souvent le manque de reconnaissance : les efforts sont ignorés, tandis que les erreurs sont systématiquement pointées du doigt.
« Par exemple, une personne auparavant investie dans son travail peut commencer à douter de ses compétences, à appréhender les réunions avec son responsable ou à relire plusieurs fois ses messages par peur de commettre une erreur », décrit Serpil Alkassir.
Comment réagir face à une situation de management toxique ?
Identifier les conséquences individuelles et collectives
Repérer les signes d’un management toxique permet d’agir avant que la situation ne fragilise durablement la santé des collaborateurs et le fonctionnement collectif. Et les conséquences ne se limitent pas aux tensions entre un supérieur et l’équipe.
- À l’échelle de l’entreprise, certains indicateurs sont révélateurs d’un dysfonctionnement : la hausse de l’absentéisme et du turn-over notamment.
- Au niveau individuel, ce sont d’autres signes qui mettent en évidence une situation conflictuelle : le stress, la perte de confiance, voire l’épuisement professionnel. Certains salariés ont aussi tendance à se désengager et à limiter leurs interactions avec le reste de l’équipe.
Sans être des preuves formelles d’un management toxique ou d’un cas de harcèlement, ces signaux doivent alerter, surtout s’ils sont cumulés.
Serpil Alkassir ajoute : « Selon le contexte, plusieurs interlocuteurs peuvent être sollicités : une personne de confiance, les ressources humaines, les représentants du personnel ou le service de prévention et de santé au travail. Lorsque la situation affecte la santé, un accompagnement adapté peut également être nécessaire. » C’est là que des experts comme le Cabinet PSO peuvent intervenir.
Prendre du recul pour comprendre et agir
Face à une situation de management toxique, il est essentiel d’objectiver les faits et de comprendre les mécanismes à l’origine des difficultés. L’intervention d’un tiers permet d’apporter un regard extérieur et de trouver des solutions adaptées à l’organisation.
Le Cabinet PSO propose plusieurs dispositifs adaptés aux contextes sensibles :
- Le diagnostic d’équipe en tension pour analyser les faits en premier lieu ;
- La médiation pour rétablir le dialogue et sortir d’un conflit lorsque les conditions s’y prêtent ;
- L’enquête interne face à un signalement de harcèlement, pour établir les faits et accompagner les décisions de l’employeur.
« Au cabinet PSO, la prévention des risques psychosociaux repose notamment sur l’écoute, la compréhension des situations de souffrance et la prise en compte de l’environnement professionnel », conclut Serpil Alkassir. Contactez le Cabinet PSO pour en savoir plus.


